Locatif

Expulsion locative : le calendrier légal 2026

Demander l'expulsion d'un locataire est l'une des procédures les plus encadrées du droit français. Connaître précisément le calendrier légal permet d'anticiper, de chiffrer et de communiquer sereinement avec son avocat ou son commissaire de justice. Voici le déroulé complet, 2026.

Par , commissaires de justice à Montpellier 8 min de lecture
Illustration au trait : porte entrouverte avec un trousseau de clés et calendrier au mur, un mois surligné en jaune, symbole du calendrier légal de l'expulsion

Phase 1 - La résiliation du bail (J à M+5)

J : commandement de payer

Le bailleur fait signifier au locataire un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail. Cet acte est l'acte fondateur de toute la procédure. Coût : 140-250 € HT, à la charge du débiteur.

J+6 semaines : fin du délai de régularisation

Le locataire dispose de 6 semaines pour régler intégralement les sommes dues. Pendant ce délai, il peut aussi saisir le juge pour demander des délais de paiement (jusqu'à 36 mois). À l'issue, si rien n'est régularisé, la clause résolutoire est acquise.

J+6 semaines et 1 jour : assignation

Le bailleur fait assigner le locataire devant le juge des contentieux de la protection (JCP). L'assignation doit être délivrée au moins 6 semaines avant l'audience (délai pour information du préfet).

J+4 à J+8 mois : audience

Selon l'engorgement du tribunal (Montpellier compte 4 à 8 mois), l'audience se tient. Le juge entend les parties, vérifie le respect de la procédure, et peut accorder des délais de paiement si le locataire en fait la demande motivée.

J+5 à J+9 mois : jugement

Le juge prononce la résiliation du bail (acquisition de la clause résolutoire), ordonne l'expulsion du locataire, et le condamne au paiement des arriérés + indemnités d'occupation.

Phase 2 - Le commandement de quitter les lieux (M+5 à M+7)

Une fois le jugement signifié, le commissaire de justice notifie au locataire un commandement de quitter les lieux. Cet acte ouvre un nouveau délai impératif :

  • 2 mois pour quitter volontairement le logement
  • Pendant ce délai, le locataire peut encore solliciter des délais devant le juge de l'exécution
  • À l'issue, sans départ volontaire, l'expulsion peut être engagée

Phase 3 - L'expulsion effective (M+7 et au-delà)

Si départ volontaire

Le commissaire de justice effectue une visite de constatation, dresse un inventaire si nécessaire, et reprend les clés. Le bail est définitivement clos.

Si refus de quitter

Le commissaire de justice se présente au logement avec une copie du jugement. Si le locataire est présent et refuse, le commissaire de justice doit réquisitionner le concours de la force publique auprès de la préfecture.

La réquisition est traitée en moyenne en 2 mois à Montpellier. Une fois accordée, l'expulsion a lieu avec un commissaire de police ou de gendarmerie.

La trêve hivernale : un point crucial

Du 1er novembre au 31 mars, aucune expulsion locative ne peut être exécutée - sauf cas particuliers :

  • Occupant sans droit ni titre (squatteur)
  • Relogement effectif assuré par les services sociaux
  • Immeuble en péril ou faisant l'objet d'un arrêté de péril
  • Bénéficiaire d'une décision d'attribution de logement social

Si le jugement et le commandement sont obtenus avant l'hiver, l'expulsion peut être ordonnée mais sera de fait reportée au 1er avril. Anticiper le calendrier dès le printemps est donc essentiel.

Combien ça coûte au total ?

  • Commandement de payer : 140-250 € HT
  • Assignation : 70-200 € HT
  • Signification du jugement : 70-150 € HT
  • Commandement de quitter les lieux : 100-200 € HT
  • Expulsion (avec force publique) : 400-800 € HT
  • Honoraires avocat (souvent obligatoire selon montant) : 1 500-3 000 € HT

Coût total estimé : 2 300 à 4 600 € HT, étalés sur la durée de la procédure (6 à 18 mois). Une partie est récupérable sur le débiteur si solvable.

Recouvrer les sommes après l'expulsion

Le titre exécutoire (jugement) reste valable 10 ans. Le commissaire de justice peut engager les voies d'exécution sur le patrimoine du débiteur - saisie sur salaire, saisie-attribution, saisie de biens. Si le locataire est insolvable au moment du jugement, le titre peut être conservé et exécuté plus tard si sa situation évolue.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Combien de temps dure une procédure d'expulsion ?

De six à dix-huit mois selon l'engorgement du tribunal, la trêve hivernale et les délais accordés au locataire. À Montpellier, comptez quatre à huit mois entre l'assignation et l'audience.

Que se passe-t-il si le locataire refuse de partir ?

Après le commandement de quitter les lieux et son délai de deux mois, le commissaire de justice demande le concours de la force publique à la préfecture. La réquisition est traitée en moyenne en deux mois à Montpellier.

Peut-on expulser pendant la trêve hivernale ?

Non, du 1er novembre au 31 mars, sauf cas particuliers : occupant sans droit ni titre, relogement assuré, immeuble en péril ou attribution d'un logement social. L'expulsion est alors reportée au 1er avril.

Combien coûte une expulsion au bailleur ?

Entre 2 300 et 4 600 € HT au total, honoraires d'avocat compris, étalés sur la durée de la procédure. Les frais d'actes sont en principe à la charge du débiteur, si celui-ci est solvable.

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